Reconnaissons Francesca Apruzzese, ingénieure et mentore

Francesca Apruzzese, gestionnaire technique à l’usine Skookumchuck de Domtar
BY: Brenda Martin

Summary

À l’occasion de la Journée internationale des femmes 2026, nous nous sommes entretenus avec Francesca Apruzzese, gestionnaire technique à l’usine Skookumchuck de Domtar, qui vient d’être intronisée au panthéon de Pulp & Paper Canada.

Francesca Apruzzese, gestionnaire technique à l’usine Skookumchuck de Domtar, a récemment été honorée par Pulp & Paper Canada, qui l’a intronisée à son panthéon. Cet honneur revient à des personnes exemplaires dont la contribution, au fil de leur carrière, a eu un effet marqué sur l’orientation de l’industrie.  

Pour souligner la Journée internationale des femmes, nous avons interrogé Francesca sur son intronisation au panthéon et sa carrière dans l’industrie des pâtes et papiers.  

Qu’est-ce qui vous a attirée dans l’industrie des pâtes et papiers? 

J’ai toujours su que je voulais étudier en sciences. Quand je suis arrivée à l’université, il y avait peu de femmes en génie chimique, et on me disait “Il n’y a pas de femmes, tu ne pourras pas travailler dans ce domaine”. Mais mon obstination m’a poussée à poursuivre malgré tout.  

Je n’aurais jamais pensé travailler dans le secteur des pâtes et papiers. C’est arrivé un peu par hasard. J’étudiais alors la spectroscopie proche infrarouge (SPIR) dans le cadre d’un doctorat (Ph. D.) à l’Université de Toronto. À cette époque, Tembec, une papetière canadienne, commençait justement à adopter la SPIR. J’ai passé quelques années à son usine de Témiscaming, puis j’ai déménagé dans l’Ouest pour travailler à l’usine Skookumchuck que Tembec exploitait en 2006. 

Comment conciliez-vous votre formation technique poussée et votre leadership sur le terrain? 

Au début, j’étais ingénieure des procédés, ce qui m’a menée en environnement et en sécurité. Je  n’étais alors responsable que de moi-même. Mais quand je suis devenue gestionnaire, en 2013, j’ai appris à assumer la responsabilité de la sécurité d’autres personnes. L’article annonçant mon intronisation au panthéon de Pulp & Paper Canada m’a fait chaud au cœur. Je suis fière d’avoir contribué au développement de mes jeunes collègues ingénieurs.  

Vous avez passé quelque temps à notre usine Howe Sound, où vous avez fait une étude, en collaboration avec l’Université de la ColombieBritannique (UBC), sur l’exposition des ouvriers au soufre réduit total (SRT). Qu’en avezvous retenu?  

Ce partenariat avec le programme d’hygiène industrielle de l’UBC s’est avéré très intéressant, et m’a poussée à vouloir en savoir plus. En 2020, je suis donc retournée à l’université quelques années pour étudier l’hygiène industrielle.  

Les usines de pâte sont en réalité de très grandes usines chimiques. Dans le secteur des pâtes et papiers, nous avons toujours un service de santé-sécurité qui s’occupe des aspects tels que le cadenassage et le travail en hauteur. Mais en milieu industriel, l’exposition au SRT est différente car elle a lieu sur une longue période. L’étude a montré que dans des conditions d’exploitation normales, la concentration de SRT était inférieure aux limites d’exposition et ne présentait pas de risque d’effets à long terme sur la santé des membres du personnel. Ils ont donc été rassurés. Dans ce type d’études, ce qui importe est la capacité de communiquer l’information, c’est-à-dire la transparence et la volonté de transmettre les données aux ouvriers. 

Sur le plan personnel, que signifie votre intronisation au panthéon de Pulp & Paper Canada?  

Le fait que l’on souligne mon parcours m’honore et me touche. J’ai tendance à ne pas aimer parler de moi. Ce dont je suis le plus fière, c’est d’avoir contribué à la progression professionnelle de collègues. Cela est gratifiant. L’industrie m’a beaucoup apporté, et je m’en sens privilégiée. Je veux donner à mon tour.

Quel conseil pratique avezvous pour jeunes femmes qui envisagent de faire carrière en ingénierie dans le milieu industriel? 

N’abandonnez pas et ne vous découragez pas. J’ai eu un parcours exigeant et semé d’embûches. Lorsque j’ai commencé à l’usine Skookumchuck en 2006, les femmes y étaient rares. Aujourd’hui, en y revenant 20 ans plus tard, je constate que les choses ont bien changé. Il y a davantage de femmes et beaucoup de jeunes talents, ce qui est formidable. 

Tant aux jeunes femmes qu’aux jeunes hommes, je dirais : vous pourriez vous heurter à des obstacles ou être contrariés que les choses ne se déroulent pas comme prévu, mais persévérez, trouvez un mentor ou une mentore et poursuivez votre apprentissage. Malgré les défis, l’industrie des pâtes et papiers est extraordinaire et a beaucoup à enseigner au quotidien. 

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