La foire aux questions
- 36 - Q : Les oiseaux ont-ils été affectés par le verglas?
- R : La réponse est complexe. Tout d'abord, les régions n'ont pas toutes été affectées également : la pluie verglaçante s'est abattue avec plus de force et d'intensité pendant plusieurs jours en certains endroits, alors qu'à d'autres, elle était plus irrégulière. Même dans les régions les plus affectées, on observe des différences parmi les habitats touchés par le verglas. Cela tient aussi à la nature des habitats eux-mêmes, à l'essence des arbres et à leur âge, de même qu'à leur exposition à la pluie et au vent.
Les différentes espèces d'oiseaux qui demeurent ici l'hiver et qui fréquentent ces habitats ont aussi été inégalement affectées, d'autant plus si les oiseaux n'ont pu se mettre à couvert et trouver une source de nourriture adéquate. Certains passereaux, par exemple, compte tenu de leur petite taille et de leur métabolisme élevé ont peu ou pas de réserves énergétiques ; aussi, se doivent-ils pour survivre, de manger presque quotidiennement, particulièrement lors de journées très froides. Les conifères et les cavités dans les arbres ont pu constituer pour plusieurs espèces de bons abris contre le verglas quoique plusieurs cavités ont été scellées par une épaisse glace, piégeant ainsi mortellement certains d'entre eux qui s'y étaient réfugiés.
Comme il s'agit d'un phénomène météorologique hors du commun aux effets bien souvent inimaginables, est bien malin celui qui peut évaluer les conséquences sur les populations d'oiseaux résidentes sans effectuer sur le terrain les études pertinentes.
On peut avancer le scénario dans lequel certaines espèces d'oiseaux comme les pics pourraient être favorisées dans les mois à venir: on suppose alors que beaucoup d'arbres blessés seront la proie d'insectes ravageurs à la grande joie des pics dont le succès de reproduction s'en trouvera majoré. Mais, jusqu'ici, il s'agit de suppositions. Il faudra des études pour valider cette hypothèse.
Quant aux oiseaux qui sont allés passer l'hiver sous les tropiques, plusieurs espèces trouveront au retour la futaie de certaines érablières, par exemple, fort méconnaissable. Mais, sans les études nécessaires, il est impossible d'évaluer les conséquences sur le succès de reproduction des communautés aviaires.












